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Accident du travail à l’étranger – guide complet : que faire, qui prévenir et comment obtenir une indemnisation ?

Un accident soudain survenu pendant l’exercice de son activité professionnelle à l’étranger est une situation particulièrement stressante, dans laquelle il est facile de commettre des erreurs aux conséquences importantes. La barrière de la langue, la méconnaissance du droit du travail local et la pression exercée par les supérieurs hiérarchiques peuvent empêcher de nombreux salariés d’effectuer les démarches nécessaires. Ils risquent ainsi de passer à côté de prestations auxquelles ils ont droit, comme la prise en charge des soins, la rééducation ou une indemnisation à la suite de l’accident.

Que vous travailliez en Allemagne, aux Pays-Bas, en Norvège ou au Royaume-Uni, certaines règles fondamentales doivent être respectées après un accident du travail. Nous avons préparé ce guide pratique sous la forme d’une checklist, afin de vous accompagner étape par étape. Il vous aidera à protéger votre santé, vos droits en tant que salarié ainsi que vos éventuelles demandes d’indemnisation dès les premières minutes suivant l’accident.

Étape 1 : Sécurité et premiers secours – que faire immédiatement après l’accident ?

Les premières minutes qui suivent un accident sont déterminantes pour votre santé et, dans certains cas, pour votre vie. Votre priorité absolue doit donc être de sécuriser la situation et d’obtenir une assistance médicale, et non de vous préoccuper de la continuité du travail.

  • Arrêtez immédiatement votre activité et sécurisez les lieux : si votre état de santé le permet, arrêtez la machine, éloignez-vous de la zone dangereuse et avertissez vos collègues afin d’éviter qu’une autre personne ne soit blessée.
  • Appelez les secours ou faites intervenir un secouriste : dans les pays de l’Union européenne, vous pouvez appeler le numéro d’urgence européen 112. Vous pouvez également prévenir immédiatement le secouriste désigné au sein de l’entreprise.
  • Ne minimisez pas les blessures apparemment bénignes : une contusion, une entorse ou des douleurs dorsales après avoir soulevé une charge peuvent s’aggraver dans les jours suivants. L’absence de constat médical effectué rapidement peut également rendre plus difficile la preuve du lien entre la blessure et l’accident du travail.

Informez clairement le médecin que la blessure est survenue pendant vos heures de travail ou dans le cadre de votre activité professionnelle. Dans de nombreux pays européens, les accidents du travail font l’objet de procédures spécifiques en matière de prise en charge médicale. En Allemagne, par exemple, un salarié victime d’un accident du travail doit généralement consulter un Durchgangsarzt (D-Arzt), médecin spécialisé dans les accidents du travail et les accidents de trajet.

Étape 2 : Qui devez-vous officiellement informer ? (Employeur, agence d’intérim, service de santé et sécurité)

Le signalement rapide de l’accident aux personnes compétentes constitue une étape essentielle. Une déclaration tardive ou l’absence de déclaration peut compliquer la reconnaissance de l’accident et l’obtention des prestations auxquelles vous pouvez prétendre.

Qui devez-vous prévenir ?

  1. Votre supérieur direct (chef d’équipe, contremaître, responsable de production) : signalez l’accident immédiatement. Si possible, confirmez également le signalement par SMS ou par e-mail afin de conserver une preuve écrite.
  2. L’agence d’intérim ou l’agence de recrutement : si vous travaillez par l’intermédiaire d’une agence, informez également votre coordinateur ou votre interlocuteur au sein de celle-ci. Selon votre situation professionnelle, l’agence et l’entreprise dans laquelle vous êtes affecté peuvent toutes deux être impliquées dans la déclaration et le traitement de l’accident.
  3. Le service chargé de la santé et de la sécurité au travail : informez la personne responsable de la prévention et de la sécurité dans l’entreprise et assurez-vous qu’un rapport officiel de l’accident est établi.
  4. L’inspection du travail ou l’autorité compétente : en cas d’accident grave, l’employeur peut être légalement tenu de signaler l’incident aux autorités compétentes. Au Royaume-Uni, par exemple, certains accidents doivent être déclarés à la Health and Safety Executive (HSE) dans le cadre de la procédure RIDDOR.

Ne signez jamais un rapport d’accident rédigé dans une langue que vous ne comprenez pas parfaitement. Demandez, si nécessaire, une traduction compréhensible du document ou prenez le temps de vérifier son contenu avant de le signer. Conservez également une copie de tous les documents que vous signez.

Étape 3 : Conserver les preuves et les documents médicaux – comment éviter les problèmes par la suite ?

En cas de litige concernant les circonstances de l’accident ou ses conséquences, les preuves jouent un rôle essentiel. Plus vous documenterez précisément les faits et votre état de santé, plus il sera facile de faire valoir vos droits par la suite.

  • Prenez des photos et des vidéos : photographiez le lieu de l’accident, les outils ou équipements endommagés, l’absence de protections sur les machines, un liquide renversé au sol, l’absence de signalisation ou des équipements de protection individuelle défectueux.
  • Recueillez les coordonnées des témoins : notez les noms, numéros de téléphone et, si possible, adresses e-mail des collègues qui ont été témoins de l’accident ou qui vous ont aidé immédiatement après celui-ci.
  • Conservez tous les documents médicaux : gardez les comptes rendus d’hospitalisation, certificats et rapports médicaux, prescriptions de rééducation, résultats de radiographies ou d’IRM ainsi que les ordonnances.
  • Conservez les factures et justificatifs de dépenses : gardez les preuves des frais engagés, notamment pour les médicaments, les équipements orthopédiques, les déplacements nécessaires pour vous rendre à des rendez-vous médicaux ou les consultations spécialisées privées.
  • Tenez un journal de votre rétablissement : notez les dates des consultations, l’intensité des douleurs et les difficultés rencontrées dans votre vie quotidienne en raison des blessures.
Indemnité pour accident de travail

Étape 4 : Indemnisation et prestations en cas d’accident – comment faire valoir ses droits ?

Les prestations auxquelles vous pouvez prétendre après un accident du travail dépendent du pays concerné, de votre statut professionnel, des circonstances de l’accident et de ses conséquences. Dans de nombreux pays européens, des systèmes d’assurance contre les accidents du travail permettent notamment de prendre en charge les soins, la rééducation ou les conséquences durables d’un accident.

Quelles prestations peuvent être versées après un accident du travail ?

  • Maintien du salaire, indemnités maladie ou prestations liées à l’accident : selon le pays et le régime d’assurance applicable, certaines prestations peuvent compenser tout ou partie de la perte de revenus pendant une période d’incapacité temporaire de travail.
  • Prise en charge des soins et de la rééducation : cela peut inclure les traitements médicaux, les opérations, la kinésithérapie ainsi que les équipements ou aides médicales nécessaires.
  • Indemnisation en cas de séquelles permanentes : lorsqu’un accident entraîne des conséquences durables sur la santé, des prestations spécifiques peuvent être prévues selon la législation du pays concerné.
  • Rente d’accident ou prestations liées à une incapacité permanente : lorsque les conséquences de l’accident réduisent durablement la capacité de travail ou de gain, une rente ou une autre prestation peut, sous certaines conditions, être accordée.

La possibilité d’obtenir en plus des dommages et intérêts ou une indemnisation pour préjudice moral dépend également du droit national et des circonstances précises de l’accident. Lorsque l’employeur a commis une faute, par exemple en ne respectant pas les règles de sécurité ou en fournissant un équipement défectueux, sa responsabilité civile peut, dans certains cas, être engagée. Les conditions permettant d’obtenir une telle indemnisation varient toutefois fortement d’un pays à l’autre.

Conclusion : la checklist à suivre en cas d’accident du travail

Réagir rapidement et méthodiquement après un accident du travail permet de mieux protéger sa santé ainsi que ses droits juridiques et financiers. L’essentiel est de ne pas minimiser l’accident et de conserver une trace de toutes les démarches effectuées.

Enregistrez cette checklist sur votre téléphone :

  1. Assurez votre sécurité et demandez une assistance médicale – en cas d’urgence, appelez le 112. Précisez au médecin que la blessure est survenue dans le cadre du travail.
  2. Signalez immédiatement l’accident à votre employeur ou supérieur hiérarchique et, si vous travaillez par l’intermédiaire d’une agence d’intérim, informez également votre interlocuteur.
  3. Conservez les preuves : photographiez le lieu de l’accident et notez les coordonnées de tous les témoins.
  4. Demandez une copie de la déclaration ou du rapport d’accident et conservez soigneusement tous les documents médicaux.
  5. Vérifiez vos droits aux prestations liées à l’accident, aux indemnités maladie, à la prise en charge des soins et, le cas échéant, à une indemnisation auprès de l’organisme compétent.
  6. Demandez conseil à un professionnel du droit si l’accident n’est pas reconnu, si une prestation vous est refusée ou si vous contestez le montant de l’indemnisation.

Connaître ses droits et effectuer les démarches nécessaires immédiatement après un accident du travail permet d’augmenter ses chances de bénéficier de la prise en charge médicale et des prestations auxquelles on peut prétendre.

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FAQ

1. Que faire si je suis victime d’un accident du travail à l’étranger ?

Commencez par assurer votre sécurité et demandez une assistance médicale. Signalez ensuite l’accident le plus rapidement possible à votre employeur ou à votre supérieur hiérarchique. Si vous travaillez par l’intermédiaire d’une agence d’intérim, informez également votre interlocuteur au sein de celle-ci. Pensez aussi à conserver les preuves, notamment les photos du lieu de l’accident, les coordonnées des témoins et tous les documents médicaux.

2. Qui faut-il informer en cas d’accident du travail à l’étranger ?

Vous devez avant tout informer votre supérieur hiérarchique ou votre employeur. Si vous êtes employé par l’intermédiaire d’une agence d’intérim, vous devez également la prévenir. En cas d’accident grave, l’employeur peut être tenu de signaler l’incident aux autorités compétentes du pays concerné.

3. Ai-je droit à une indemnisation après un accident du travail à l’étranger ?

Cela peut être le cas. Les prestations auxquelles vous avez droit dépendent notamment du pays, de votre statut professionnel, de la nature de l’accident et de ses conséquences. Elles peuvent notamment comprendre la prise en charge des soins et de la rééducation, des prestations en cas d’incapacité de travail, une indemnisation pour des séquelles permanentes ou une rente d’accident.

4. Comment prouver qu’il s’agit bien d’un accident du travail à l’étranger ?

Il est essentiel de signaler rapidement l’accident et de conserver tous les documents pertinents. Les photos du lieu de l’accident, les témoignages, les documents médicaux, le rapport officiel d’accident ainsi que les SMS, e-mails ou autres messages prouvant que l’accident a été signalé à l’employeur peuvent notamment servir de preuves.