Depuis des décennies, le secteur horticole constitue l’un des piliers de l’économie néerlandaise et l’une des destinations professionnelles les plus prisées par les travailleurs venus de toute l’Europe. Les serres modernes sont de véritables écosystèmes de production à la pointe de la technologie, où sont cultivés toute l’année des tomates, des poivrons, des concombres, des orchidées, des roses ainsi que diverses plantes en pot. Qu’est-ce qui rend ce secteur toujours aussi attractif ? Principalement la stabilité de l’emploi, des revenus réguliers et des procédures de recrutement clairement définies.
Pour de nombreuses personnes, partir travailler à l’étranger peut toutefois susciter des interrogations concernant les conditions de travail au quotidien. À quoi ressemble réellement une journée de travail ? Quelles formalités faut-il accomplir et quel salaire peut espérer un débutant ? Le guide chronologique ci-dessous explique étape par étape comment se déroule le travail dans les complexes de serres aux Pays-Bas.
Étape 1 : Conditions et formalités avant le départ – que doit savoir un futur ouvrier agricole en serre aux Pays-Bas ?
La préparation d’un départ professionnel commence bien avant de franchir la frontière. Le marché du travail néerlandais étant strictement réglementé, il est nécessaire d’accomplir certaines formalités administratives pour travailler légalement.
Tout nouveau salarié travaillant dans une serre aux Pays-Bas doit disposer d’un numéro BSN (Burgerservicenummer), qui peut être comparé au numéro PESEL ou NIP en Pologne. Ce numéro est nécessaire notamment pour les démarches fiscales, le paiement des cotisations sociales et l’inscription à l’assurance maladie. Lorsque le départ est organisé par une agence de travail temporaire, l’obtention du numéro BSN est généralement organisée dans les premiers jours suivant l’arrivée, lors d’un rendez-vous auprès de la commune (Gemeente). Avant de choisir un intermédiaire, il est conseillé de se renseigner sur les offres disponibles et les conditions d’emploi. Le portail europa.jobs peut constituer une source utile, puisqu’il publie des offres d’emploi dans le secteur horticole aux Pays-Bas.
En matière de qualifications, le secteur horticole présente relativement peu de barrières à l’entrée. Les principales exigences sont les suivantes :
- Un document d’identité valide – carte d’identité ou passeport en cours de validité.
- Une bonne condition physique – le travail quotidien implique souvent de rester debout pendant plusieurs heures, de marcher ou de travailler sur des plateformes et des chariots sur rails spécialement conçus à cet effet.
- Une connaissance de base de l’anglais ou de l’allemand – même si de nombreux employés polonais travaillent dans les équipes, pouvoir communiquer dans une langue étrangère facilite les échanges avec les chefs d’équipe et peut favoriser une évolution professionnelle plus rapide.
- Le permis de conduire de catégorie B – il constitue un avantage, notamment parce que les conducteurs de véhicules mis à disposition par les agences peuvent bénéficier d’avantages supplémentaires ou de primes.
Étape 2 : Le matin d’un ouvrier en serre (5h00–7h00)
Dans le secteur horticole néerlandais, la journée de travail commence tôt. Cela permet de terminer la journée en début d’après-midi et de profiter au maximum de la lumière naturelle.
Une matinée type commence vers 5h00 ou 5h30. Après un petit-déjeuner rapide et la préparation des repas pour la journée, le salarié se rend au point de rendez-vous. Selon la distance entre le logement et le lieu de travail, le trajet s’effectue généralement avec un transport organisé par l’employeur ou l’agence, par exemple en minibus, ou – ce qui est particulièrement courant aux Pays-Bas – à vélo de service.
Vers 6h45, les salariés arrivent dans le complexe de serres. La première étape consiste à passer par les vestiaires, à enfiler les vêtements de travail et les chaussures de sécurité à embout métallique de catégorie S3, puis à enregistrer les heures de travail à l’aide d’une carte magnétique ou d’un scanner d’empreintes digitales. Juste avant 7h00, le responsable du secteur organise un bref briefing. Il répartit les tâches, indique les rangées de cultures concernées et rappelle les exigences de qualité à respecter pendant la journée.
Étape 3 : Au rythme du travail (7h00–16h00)
La majeure partie de la journée se déroule selon un rythme de travail bien défini. Les serres modernes aux Pays-Bas sont des installations largement automatisées, dans lesquelles la température, l’irrigation et l’humidité de l’air sont contrôlées avec précision. Les tâches varient selon le type d’exploitation et le stade de développement des plantes.
Récolte et entretien des cultures
Dans les serres maraîchères, notamment celles consacrées aux tomates et aux poivrons, la principale mission consiste à sélectionner les fruits mûrs et à les récolter dans des caisses ou sur des tapis roulants. Il faut travailler avec précision afin de ne pas endommager les plantes et leurs tiges. Les travaux d’entretien sont également importants : suppression des feuilles (bladsnijden), abaissement des plants ou encore pollinisation.
Dans les exploitations floricoles, les tâches comprennent notamment la coupe des tiges, le tri des boutons floraux et la préparation des bouquets.
Emballage et logistique
Une autre catégorie de postes concerne les halls de tri et d’emballage. Les produits récoltés sont acheminés vers le service de packing, où les salariés s’occupent notamment de l’emballage sous film, de l’étiquetage, du contrôle du poids et du placement des produits finis sur des palettes. Celles-ci sont ensuite préparées pour être expédiées directement vers les supermarchés et autres clients.
Les pauses pendant la journée de travail
Dans le cadre d’une journée de travail standard de 8 ou 9 heures, les salariés bénéficient généralement de deux à trois pauses :
- Pause-café (koffiepauze) – de 10 à 15 minutes environ, vers 9h30.
- Pause déjeuner (lunch) – environ 30 minutes, généralement entre 12h00 et 13h00.
- Courte pause l’après-midi – environ 10 minutes vers 14h30 lorsque la durée de travail est plus longue.

Étape 4 : Le salaire – taux horaires, primes et frais de logement
L’une des principales raisons de choisir un emploi dans le secteur horticole néerlandais réside dans la transparence des conditions financières, encadrées par le droit du travail néerlandais et la convention collective du secteur horticole (CAO Glastuinbouw).
Depuis le 1er juillet 2026, le salaire horaire minimum légal aux Pays-Bas pour les personnes âgées de 21 ans et plus s’élève à 14,99 euros brut de l’heure. Les jeunes travailleurs âgés de 18 à 20 ans sont soumis aux règles relatives au salaire minimum des jeunes (jeugdloon) et bénéficient donc d’un taux légal légèrement inférieur. Toutefois, de nombreuses entreprises modernes choisissent d’aligner les salaires sur ceux des travailleurs adultes afin d’attirer davantage de main-d’œuvre.
Il faut également tenir compte de plusieurs éléments dans le calcul du revenu réel :
- Primes pour les horaires décalés et les heures supplémentaires – le travail effectué le week-end, les jours fériés ou au-delà de la durée normale de travail peut être rémunéré avec une majoration comprise entre 125 % et 200 % du taux de base.
- Indemnité de congés payés (vakantiegeld) – elle correspond légalement à 8 % du revenu annuel brut et est généralement versée avant les congés d’été ou répartie régulièrement avec le salaire.
- Frais de logement et d’assurance maladie – les agences de travail temporaire déduisent souvent du salaire les frais de logement, qui doivent respecter les normes liées à la certification SNF, ainsi que le coût de l’assurance maladie néerlandaise obligatoire (zorgverzekering).
Au total, un salarié sérieux et régulier peut percevoir environ 350 à 550 euros nets par semaine après déduction des frais fixes, notamment lorsqu’il effectue des heures supplémentaires.
Conclusion : avantages et défis – à qui s’adresse le travail en serre aux Pays-Bas ?
Un emploi dans le secteur horticole sous serre constitue pour de nombreux travailleurs une possibilité de constituer une épargne et un capital financier. Les paiements hebdomadaires réguliers, des règles de rémunération transparentes et la possibilité de partir travailler en couple expliquent pourquoi le travail dans les serres néerlandaises reste attractif depuis de nombreuses années. Cette option peut notamment convenir aux personnes motivées, qui poursuivent un objectif financier précis et apprécient un rythme de travail régulier.
Il faut toutefois garder à l’esprit qu’il s’agit d’un travail physique qui exige de la discipline, de la ponctualité et une capacité d’adaptation au microclimat particulier des serres. Une personne bien préparée et prête à s’adapter aux conditions de travail peut y trouver une source de revenus stable ainsi qu’une expérience professionnelle internationale précieuse.
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FAQ
1. Combien peut-on gagner en travaillant dans une serre aux Pays-Bas ?
Le salaire dépend du nombre d’heures travaillées, du poste occupé ainsi que des primes liées aux heures supplémentaires et au travail le week-end. Après déduction des principaux frais, tels que le logement et l’assurance maladie, un salarié peut percevoir environ 350 à 550 euros nets par semaine.
2. Faut-il parler une langue étrangère pour travailler dans une serre aux Pays-Bas ?
La connaissance de l’anglais ou de l’allemand n’est pas toujours obligatoire, notamment lorsque l’emploi est organisé par une agence de travail temporaire. Des connaissances de base dans une langue étrangère peuvent toutefois faciliter le travail quotidien, les échanges avec les responsables et favoriser les possibilités d’évolution professionnelle.
3. Le travail dans une serre aux Pays-Bas est-il difficile ?
Le travail en serre est physique et nécessite une bonne condition physique. Il implique de rester debout ou de marcher pendant plusieurs heures, de récolter des légumes ou des fleurs et d’effectuer des tâches répétitives. La température et le taux d’humidité élevés à l’intérieur des serres peuvent également rendre les conditions de travail plus exigeantes.
4. L’agence de travail propose-t-elle un logement et un transport ?
De nombreuses agences de travail temporaire aux Pays-Bas proposent un logement ainsi qu’un transport jusqu’au lieu de travail. Le coût de ces services est généralement déduit du salaire. Avant de signer un contrat, il est donc recommandé de vérifier précisément le montant des différentes retenues ainsi que les conditions liées au logement.


