Si vous tombez malade pendant que vous travaillez à l’étranger, vous pouvez percevoir 100 % de votre salaire pendant les six premières semaines en Allemagne, au moins 70 % de votre rémunération aux Pays-Bas pendant une période pouvant aller jusqu’à 104 semaines, ou généralement 80 % de la base de calcul en Pologne pendant 182 jours maximum. Les différences entre ces trois systèmes vont toutefois bien au-delà des simples pourcentages.
Pour une personne travaillant à l’étranger, trois questions sont essentielles : combien allez-vous percevoir, pendant combien de temps pouvez-vous bénéficier de cette indemnisation et qui est réellement chargé de la verser ? En pratique, l’Allemagne offre la meilleure rémunération au début de l’arrêt maladie, les Pays-Bas garantissent la protection la plus longue ainsi qu’une forte protection contre le licenciement, tandis que la Pologne se caractérise par une durée d’indemnisation plus courte.
Les indemnités maladie en chiffres – comparaison Pologne / Pays-Bas / Allemagne
| Pays | Montant de l’indemnisation | Qui paie ? | Durée maximale |
|---|---|---|---|
| Pologne | Généralement 80 % de la base de calcul | D’abord l’employeur, puis le ZUS | 182 jours |
| Pays-Bas | Minimum 70 % de la rémunération | Généralement l’employeur, dans certains cas l’UWV | Jusqu’à 104 semaines |
| Allemagne | 100 % pendant les 6 premières semaines, puis 70 % du brut, avec un maximum de 90 % du net | D’abord l’employeur, puis la caisse d’assurance maladie | 78 semaines sur une période de 3 ans |
Il faut toutefois garder à l’esprit qu’une comparaison basée uniquement sur les pourcentages ne permet pas de mesurer toutes les différences entre les systèmes. Les écarts les plus importants concernent notamment la durée de la protection et la personne qui prend en charge le coût de l’arrêt maladie.
Indemnités maladie aux Pays-Bas – comment fonctionne le système en pratique ?
Aux Pays-Bas, vous pouvez bénéficier d’une indemnisation pendant une période pouvant aller jusqu’à 104 semaines, soit deux années complètes. Le système repose principalement sur l’obligation pour l’employeur de continuer à verser une partie du salaire pendant la maladie. Les règles peuvent toutefois être différentes pour les personnes employées temporairement ou par l’intermédiaire d’une agence d’intérim.
Quel est le montant et pendant combien de temps ? – 70 % du dagloon jusqu’à 104 semaines
Aux Pays-Bas, l’indemnisation en cas de maladie correspond au minimum à 70 % de la rémunération et peut être versée pendant 104 semaines maximum. Le calcul peut notamment prendre en compte le dagloon, c’est-à-dire le salaire journalier servant de base au calcul de certaines prestations.
Le minimum légal est fixé à 70 %, mais le montant réellement perçu peut être supérieur. Certaines conventions collectives, appelées CAO, prévoient par exemple une indemnisation correspondant à 90 %, voire 100 % du salaire pendant la première année de maladie. Avant de signer un contrat de travail, il est donc conseillé de vérifier si votre poste ou votre secteur d’activité est couvert par une CAO spécifique.
En 2026, un plafond s’applique également à la rémunération journalière prise en compte pour le calcul. Le SV-dagloon maximal s’élève à environ 227 euros bruts par jour. En conséquence, pour les salariés disposant de revenus élevés, l’indemnisation ne sera pas nécessairement calculée sur la totalité du salaire réellement perçu.
Qui paie – l’employeur ou l’UWV ?
Lorsqu’un salarié est directement employé par une entreprise néerlandaise, c’est généralement l’employeur qui continue à verser la rémunération pendant la maladie. La situation peut être différente pour les personnes employées temporairement ou par l’intermédiaire d’une agence de travail.
L’UWV est un organisme public néerlandais chargé notamment de certaines prestations liées à la maladie et à l’incapacité de travail. Pour certaines catégories de travailleurs temporaires ou de salariés employés par une agence, l’UWV peut prendre en charge le versement de l’indemnisation.
Cette distinction est particulièrement importante pour les personnes qui trouvent un emploi aux Pays-Bas par l’intermédiaire d’une agence. Il ne faut pas supposer automatiquement qu’un salarié sous contrat d’agence bénéficie exactement des mêmes règles qu’une personne employée directement par une entreprise. Le type de contrat, le statut du salarié et le moment où la maladie survient peuvent notamment avoir une influence.
Vous n’avez pas besoin d’un arrêt maladie classique – le rôle du bedrijfsarts
Aux Pays-Bas, vous n’avez généralement pas besoin de consulter votre médecin généraliste pour obtenir un certificat médical classique afin de signaler votre maladie à votre employeur. L’évaluation de votre capacité à travailler relève notamment du bedrijfsarts, c’est-à-dire le médecin du travail.
Le bedrijfsarts évalue votre aptitude à exercer votre activité professionnelle et peut aider à déterminer dans quelles conditions et à quel moment vous pouvez reprendre le travail. Il ne faut pas le confondre avec le huisarts, qui correspond au médecin généraliste aux Pays-Bas.
En pratique, il est surtout important de signaler votre maladie à votre employeur le plus rapidement possible, conformément à la procédure en vigueur dans l’entreprise. L’employeur peut ensuite vous orienter vers le bedrijfsarts afin d’évaluer votre situation.
Le système néerlandais accorde également une grande importance au retour à l’emploi. L’employeur et le salarié ont tous deux des obligations en matière de réintégration professionnelle. Une maladie de longue durée ne signifie donc pas nécessairement que le salarié reste totalement éloigné de toute activité professionnelle pendant les 104 semaines.
Protection contre le licenciement pendant la maladie – opzegverbod
Aux Pays-Bas, pendant les 104 premières semaines de maladie, le salarié bénéficie en principe d’une interdiction de licenciement motivée par son état de santé. Cette protection est appelée opzegverbod bij ziekte.
Il s’agit de l’un des principaux avantages du système néerlandais du point de vue de la sécurité de l’emploi. Le simple fait d’être malade ne doit en principe pas constituer un motif de licenciement pendant la période de protection.
Cela ne signifie toutefois pas que le salarié bénéficie d’une garantie absolue de conserver son emploi dans toutes les situations. Il existe certaines exceptions prévues par la loi et la protection dépend également du type de contrat et des circonstances précises de la rupture du contrat de travail. Malgré cela, une protection allant jusqu’à 104 semaines contre un licenciement motivé par la maladie représente une sécurité particulièrement importante.
Il faut également savoir que les un ou deux premiers jours de maladie peuvent être non rémunérés si cela est prévu par les règles applicables chez l’employeur ou par la convention collective concernée.
Indemnités maladie en Allemagne – comment fonctionne le système en pratique ?
En Allemagne, le système est particulièrement avantageux au début de la maladie puisque le salarié peut généralement percevoir 100 % de son salaire pendant les six premières semaines. Ensuite, le versement est pris en charge par la caisse d’assurance maladie.
Les 6 premières semaines : 100 % du salaire – Entgeltfortzahlung
Pendant les six premières semaines, soit 42 jours d’incapacité de travail, les salariés en Allemagne peuvent généralement continuer à percevoir 100 % de leur rémunération de la part de leur employeur. Ce mécanisme est appelé Entgeltfortzahlung im Krankheitsfall et est encadré par la législation allemande relative au maintien du salaire en cas de maladie.
Pour en bénéficier, il faut toutefois avoir travaillé pour le même employeur pendant au moins quatre semaines sans interruption. Si vous tombez malade avant cette période, les règles applicables peuvent être différentes.
Pour le salarié, il s’agit d’un dispositif particulièrement avantageux. Pendant cette première période de maladie, le revenu ne baisse donc pas automatiquement à 70 % ou 80 % : le salaire habituel continue en principe à être versé conformément aux règles applicables.
Après 6 semaines : le Krankengeld versé par la caisse d’assurance maladie – 70 % du brut / maximum 90 % du net
À partir de la septième semaine de maladie, l’indemnisation est généralement versée sous la forme du Krankengeld par la caisse d’assurance maladie. Il correspond en principe à 70 % de la rémunération brute soumise à cotisations, sans toutefois pouvoir dépasser 90 % de la rémunération nette correspondante.
Cette distinction entre le brut et le net est particulièrement importante, car il s’agit de deux bases de calcul différentes.
La Krankenkasse, c’est-à-dire la caisse d’assurance maladie allemande, prend en charge le versement du Krankengeld après la fin de la période de six semaines pendant laquelle l’employeur est tenu de maintenir le salaire.
En 2026, un plafond légal s’applique également au calcul. Le montant maximal du Krankengeld est d’environ 135,63 euros par jour. Pour les personnes ayant des revenus élevés, l’indemnisation peut donc être limitée par ce plafond légal.
Pour le salarié, il ne suffit donc pas de demander « quel pourcentage vais-je toucher ? ». Il faut également savoir sur quelle base le montant est calculé, s’il existe une limite liée au salaire brut ou net et si les revenus dépassent le plafond légal pris en compte pour le calcul.
Durée maximale – 78 semaines sur une période de 3 ans
Le Krankengeld peut être versé pendant 78 semaines maximum sur une période de trois ans lorsqu’il s’agit de la même maladie.
Le système allemand offre donc une protection financière à long terme, mais sur une période plus courte que celle prévue aux Pays-Bas, où l’indemnisation peut aller jusqu’à 104 semaines.
Une fois la durée maximale atteinte, la situation financière et professionnelle du salarié peut évoluer. Selon son état de santé et sa capacité à reprendre une activité professionnelle, d’autres prestations ou procédures peuvent alors s’appliquer.
En pratique, l’Allemagne offre donc une protection particulièrement avantageuse au début de la maladie – 100 % du salaire pendant les six premières semaines – mais reste derrière les Pays-Bas en ce qui concerne la durée maximale de protection.

Déclaration de maladie et eAU
En Allemagne, le système d’eAU (elektronische Arbeitsunfähigkeitsbescheinigung) permet au médecin de transmettre électroniquement les informations relatives à l’incapacité de travail à la caisse d’assurance maladie. L’employeur peut ensuite consulter les données nécessaires directement auprès de la caisse.
L’eAU réduit ainsi les démarches administratives et évite généralement au salarié de devoir remettre lui-même un certificat papier à son employeur ou à sa caisse d’assurance maladie.
Cela ne signifie toutefois pas que vous pouvez vous dispenser d’informer votre employeur. Vous devez toujours le prévenir rapidement que vous êtes malade et que vous ne pourrez pas vous présenter au travail. Les délais et les modalités de signalement peuvent également être précisés dans votre contrat de travail ou dans le règlement interne de l’entreprise.
Contrairement aux Pays-Bas, le droit allemand ne prévoit pas une interdiction générale de licenciement couvrant automatiquement toute la durée de la maladie. Un licenciement pendant un arrêt maladie est donc juridiquement possible, mais un licenciement pour cause de maladie doit respecter certaines conditions prévues par le droit du travail.
Indemnités maladie en Pologne – le point de comparaison
En Pologne, le système repose sur une répartition relativement claire des responsabilités : dans un premier temps, l’employeur verse le wynagrodzenie chorobowe, c’est-à-dire le salaire maladie, puis les indemnités peuvent être prises en charge par le ZUS, l’institution polonaise de sécurité sociale.
Salaire maladie – employeur pendant 33/14 jours, puis indemnités
Pendant les 33 premiers jours de maladie au cours d’une année civile, le salaire maladie est versé par l’employeur. Pour les salariés âgés de plus de 50 ans, cette période est réduite à 14 jours.
À partir du 34e jour de maladie, ou du 15e jour pour les salariés de plus de 50 ans, le salarié peut avoir droit à une indemnité maladie. Celle-ci est versée par le ZUS ou, dans le cas des employeurs qui sont eux-mêmes chargés du versement des prestations, directement par l’employeur.
80 % de la base de calcul, avec des exceptions à 100 %
En Pologne, l’indemnité maladie standard correspond à 80 % de la base de calcul. Dans certaines situations, le salarié peut toutefois percevoir 100 %.
Un taux de 100 % peut notamment s’appliquer en cas d’incapacité de travail liée à une grossesse, à un accident sur le trajet entre le domicile et le lieu de travail ou dans certaines situations liées au don d’organes.
Il s’agit d’une différence importante avec l’Allemagne, où le salarié peut en principe percevoir 100 % de sa rémunération pendant les six premières semaines de maladie, quelle que soit l’origine de la maladie.
Délai d’attente et durée maximale – 182 jours
En Pologne, un salarié bénéficiant de l’assurance maladie obligatoire doit en principe avoir été affilié pendant 30 jours pour acquérir le droit aux prestations maladie. Dans le cadre d’une assurance maladie volontaire, le délai d’attente est généralement de 90 jours.
La durée maximale standard de versement de l’indemnité maladie est de 182 jours. Cette période est donc nettement plus courte que les 78 semaines prévues en Allemagne et les 104 semaines possibles aux Pays-Bas.
Pologne, Pays-Bas ou Allemagne – quel système protège le mieux les salariés ?
Les Pays-Bas offrent la période de protection la plus longue – jusqu’à 104 semaines, soit deux ans – avec, en principe, une forte protection contre le licenciement motivé par la maladie pendant cette période. Si vous vous intéressez avant tout au niveau de rémunération au début de votre arrêt, l’Allemagne est particulièrement avantageuse.
Les principales différences peuvent être résumées ainsi :
- Allemagne : 100 % du salaire pendant les six premières semaines, puis Krankengeld ; jusqu’à 78 semaines sur une période de trois ans.
- Pays-Bas : minimum 70 % de la rémunération, avec parfois 90 à 100 % au début de la maladie selon la CAO applicable ; jusqu’à 104 semaines et une interdiction de licenciement motivée par la maladie pendant la période de protection.
- Pologne : généralement 80 % de la base de calcul et 182 jours maximum.
La principale différence entre ces trois pays ne réside donc pas uniquement dans le pourcentage versé. Les trois systèmes prévoient des niveaux d’indemnisation allant globalement de 70 à 100 %, mais ils organisent très différemment la protection dans le temps et la responsabilité du versement des prestations.
L’Allemagne offre la meilleure protection financière au début de la maladie puisque le salarié perçoit en principe l’intégralité de son salaire pendant les 42 premiers jours. Les Pays-Bas garantissent quant à eux la période de protection la plus longue, avec jusqu’à 104 semaines, ainsi qu’une protection particulièrement forte contre le licenciement pendant la maladie. La Pologne prévoit la période maximale la plus courte, soit 182 jours, avec un taux standard de 80 % de la base de calcul.
Si vous envisagez de travailler à l’étranger, il est donc important de ne pas comparer uniquement le salaire horaire ou mensuel. Les conditions d’emploi, la CAO applicable et les règles en matière d’arrêt maladie peuvent également faire une grande différence. Une fois votre pays de destination choisi, vous pouvez consulter les offres d’emploi disponibles sur europa.jobs et vérifier attentivement le type de contrat ainsi que l’employeur auprès duquel vous serez officiellement embauché.
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FAQ
Un arrêt maladie polonais (L4) est-il valable en Allemagne et aux Pays-Bas ?
Un certificat médical délivré en Pologne peut servir à justifier votre incapacité de travail, mais les formalités de reconnaissance du document dépendent du pays, de l’employeur et du système d’assurance concerné. Si vous tombez malade alors que vous travaillez en Allemagne ou aux Pays-Bas, le plus sûr est de suivre la procédure en vigueur dans le pays où vous êtes employé et d’informer immédiatement votre employeur.
En Allemagne, l’eAU joue un rôle central, car les informations relatives à l’incapacité de travail sont transmises électroniquement dans le système allemand. Aux Pays-Bas, le salarié n’a généralement pas besoin d’un arrêt maladie classique délivré par son médecin généraliste, puisque l’évaluation de sa capacité de travail relève notamment du bedrijfsarts.
Que se passe-t-il lorsque j’ai atteint la durée maximale de versement des indemnités maladie ?
Une fois la durée maximale atteinte – 182 jours en Pologne, 78 semaines en Allemagne ou jusqu’à 104 semaines aux Pays-Bas – le droit à l’indemnité maladie correspondante prend en principe fin.
La suite dépend notamment de l’état de santé du salarié, de sa capacité à reprendre le travail et des dispositions légales applicables dans chaque pays. En cas d’incapacité prolongée, d’autres prestations ou procédures liées à la poursuite de la protection sociale ou à une éventuelle incapacité durable peuvent entrer en jeu.
Puis-je perdre mon emploi pendant un arrêt maladie à l’étranger ?
Aux Pays-Bas, un employeur ne peut en principe pas licencier un salarié en raison de sa maladie pendant les 104 premières semaines. En Allemagne, un licenciement pendant une période de maladie est juridiquement possible.
Toutefois, un licenciement pour cause de maladie doit respecter certaines conditions prévues par le droit du travail allemand. Le simple fait d’être malade ne suffit donc pas automatiquement à justifier un licenciement. La nature du contrat, le motif du licenciement et les circonstances précises de la situation doivent notamment être pris en compte.
Comment et dans quel délai signaler une maladie à son employeur aux Pays-Bas et en Allemagne ?
Vous devez signaler votre maladie à votre employeur le plus rapidement possible, idéalement conformément à la procédure prévue par l’entreprise et, dans de nombreux cas, avant le début de votre journée de travail.
Aux Pays-Bas, l’employeur peut par exemple demander que la maladie soit signalée par téléphone ou via un système interne. Le salarié peut ensuite être orienté vers un bedrijfsarts pour une évaluation de sa capacité à travailler.
En Allemagne, vous devez également informer votre employeur sans délai. Les données médicales sont généralement transmises électroniquement à la caisse d’assurance maladie via le système eAU. L’employeur peut ensuite récupérer les informations nécessaires de manière numérique. L’obligation de signaler directement votre absence à l’employeur reste toutefois valable.


